Découvrir sa mission: une Lettre à la Jeunesse Africaine

Notre génération se meurt et se vide, elle manque d’innovation, de culture et de savoir faire, encore moins de compassion pour les autres. Nous disposons de toutes les ressources nécessaires mais manquons d’idées pour les exploiter.

Au départ, nous accusions les parents de nous forcer à l’école, mais ensuite nous nous apercevons que les études étaient faites pour nous préparer à la vie d’adulte, celle de pouvoir nous affirmer et nous supporter en tant qu’humains respectables et respectés.

De nos jours, nous réalisons même plus tôt qu’il n’y a pas que les études pour nous ouvrir les portes du succès. Certains d’entre nous envisageons l’entreprenariat sur la base de nos passions et aspirations personnelles, sur ce que nous croyons indispensable pour la réalisation de soi, la réussite et l’accomplissement personnel. Mais au fond, faisons-nous toujours le juste choix ? Pensons-nous les bonnes idées ? Frantz Fanon, dans son essai intitulé Les damnés de la Terre, interpellait notre conscience en ces termes, « Chaque génération doit dans une relative opacité, découvrir sa mission, la remplir ou la trahir ». Étant jeune, je me suis souvent posée la question de savoir quelle était ma mission ? Et suis-je entrain de vivre la bonne vie, c’est-à-dire, celle pour laquelle je fus destinée ou simplement suis-je entrain de survivre face aux situations présentées à moi.

Il n’est pas toujours donné de savoir suivre son instinct intérieur, celui la même qui nous conduirait à suivre notre destinée profonde, pour la simple raison que nous avons été éduqués à poursuivre une certaine logique individualiste du genre « si je réussis dans mes études aujourd’hui, je serai demain docteur ou ministre ou secrétaire et je gagnerai bien ma vie etc. … » Nous oublions bien souvent de penser au « Nous » qui est indispensable. Car, si « je » réussis et que je fais bien mon travail, « nous » serons tous une société de gens éduqués et responsables. Car au fond, la société n’est pas née d’un seul être humain, elle est née du regroupement de plusieurs êtres qui coopèrent pour un développement commun. Nous devons donc cesser d’être des humains individualistes, parce que cela n’est pas notre mission, cela ne sert pas notre destinée. Nous, chaque humain sommes appelés individuellement à agir dans le but d’accomplir une Mission Sociale. Nous ne devons pas penser uniquement à nos pères, à nos mères, à nos femmes ou maris, à nos enfants,  à nos frères et sœurs. Nous devons aussi penser aux autres simplement parce que nous sommes tous des êtres sociétaux, des gens qui vivent ensemble et qui se donnent la main pour réussir ensemble.

Le devoir social nous appelle à une prise de conscience, celle qui nous fait comprendre, que tout être n’est pas un humain seul et que tout acte posé occasionne une conséquence positive ou négative sur la vie de beaucoup d’autres humains. Répondons à l’appel de notre conscience qui pleure de pouvoir nous guider vers l’accomplissement de notre Mission parce que le monde, la société dans laquelle nous vivons est larmoyante. Elle pleure de maux divers tels que la pauvreté, le racisme, le réchauffement climatique, la corruption, l’abandon des bonnes mœurs etc.… Nous sommes tous en mesure de sécher les larmes de notre société si nous consentions à agir chacun en écoutant notre conscience individuelle, en pensant Solidaire et en respectant la Dignité Humaine qui est la reconnaissance de soi en tant qu’être capable et digne de droits et devoirs envers soi et à l’encontre d’autrui.

Je vous propose l’Entreprenariat Social qui selon Echoing Green, une organisation active dans le domaine est « le travail d’individus exceptionnels qui osent rêver et assumer la responsabilité d’une idée novatrice qui n’a pas encore été testée, visant un changement social positif, et qui changent leur rêve en réalité ». Soyons donc ces jeunes de cran qui savent rêver et prennent sur eux de voir leurs rêves s’accomplir !

Add Comment